Autrefois, au coin du feu
Un conférencier explique l'importance du foyer dans la vie quotidienne autrefois dans la Hague. Il a engagé plusieurs actrices dont le rôle est de présenter des objets ou des documents, de mimer ou jouer des scènes, de manière parfois décalée. Très vite l'intervention dérape : une complice dans le public relève des imprécisions, voire ses erreurs, le personnage témoin qu'il fait venir du passé se révèle beaucoup plus savant que lui, les actrices sont à la limite de la révolte étant donné les conditions dans lesquelles elles ont été engagées... La conférence va cependant jusqu'à son terme et se termine par une dégustation.


Les trois prononciations existent selon les endroits avec tous les intermédiaires possibles entre « a », « é », « o ». « Poter » vient de la façon de prononcer la négation, « po » au lieu de « pa » ou « paé ». A Saint Germain-des-Vaux, on pote. On dit « po ».
Madame "pote"
C'est normal que le grasset éclaire plus fort que la cheminée ? Là, on dirait plutôt un hallogène qu'un « vé couo "
Ah, vous avez dit « couo »... Je vois que madame « pote »... Vous ne seriez pas de Saint Germain-des-Vaux ?
Non je ne suis pas de Saint Germain-des-Vaux. « Coué, coua, couo », comme j'ai entendu trois façons de prononcer, j'ai dit au hasard...
Vous pouvez nous expliquer un peu, Félix.
A l'ombre des lumières


A l’Ombre des lumières rassemble deux pièces de Yoland Simon qui évoquent justement le siècle dit des Lumières : Dieu que la Philosophie serait jolie, s’il n’y avait les révolutions Inspirée par l’article Autorité politique de Diderot et SI j’osais mon petit cœur par l’article Torture de Voltaire. Cependant, l’auteur n’entend pas nous donner ici de sévères leçons mais grâce à son humour si particulier, "nous faire retrouver le sens du rire et de l’indignation sans lesquels le théâtre, non plus, n’a plus de goût", écrit Jean-Philippe Mestre dans L’Avant-Scène.
Yoland Simon
Mer
Un homme, une femme, la mer.
Leur langue est simple, presque pauvre. Elle sert à parler du quotidien, du présent, entre la terre et la mer.
Lui est assis au bord de l’eau. Elle, au lieu de rentrer, commence à parler. Ils parlent rarement ensemble. Pourtant, ce soir-là, ils se surprennent à dire ce qu’ils n’avaient jamais osé dire. Certains nœuds se défont, même si aucun mot ne peut tout expliquer.
Tino Caspanello
H- Moi, j'aime ça, rester ici tout seul quand les autres s'en vont
F- Pour faire quoi ?
H- J'aime ça.
F- Pour quoi faire ?
H- Rien.
F- Pour penser ?
H- Ouais aussi.
F- Et à quoi tu penses ?
H- J'en sais rien moi.
F- Tu sais pas à quoi tu penses ?
H- C'est pas que j'sais pas... c'est que j'm'en rappelle pas.
F- T'es un drôle d'étourdi! T'arrêtes pas d'penser et tu te rappelles même pas à quoi tu penses!
H- J'pense... à la mer... aux poissons... à la nuit...
F- Et t'as peur ?
H- Moi ?
F- Pourquoi tu peux pas avoir peur toi aussi ?
H- Si, j'peux avoir peur, mais là j'ai pas peur. Et d'quoi faudrait que j'ai peur?
F- J'sais pas de quoi tu peux avoir peur.
H- Mais non, j'ai pas peur, c'est tout... je pense...
F- Encore ?
H- J'arrête jamais.
F- C'est pour ça qu'tu rentres pas à la maison! T'arrêtes pas d'penser et t'oublies qu'à la maison y a moi.
H- Mais non, je l'oublie pas, j'pense aussi à ça.
F- A quoi ?
H- Que je dois rentrer à la maison.
F- Et après, à quoi qu'tu penses ?
H- A rien, à ce que j't'ai dit.
